Lecture Manga : Blue Corner

Lecture Manga : Blue Corner

Bonjour à tous,
Une petite lecture manga aujourd’hui, avec sur une oeuvre très méconnue mais qui mérite qu’on en parle. Il s’agit d’un one-shot nommé : « Blue Corner » édité chez Pika dans la collection « Pika Graphic »

Scénario : Carib Marley
Dessin : Jiro Taniguchi

Tout d’abord un petit mot sur les auteurs. Carib Marley est un scénariste qui a choisi son pseudonyme en hommage à Bob Marley, il a collaboré avec divers mangakas sur de nombreuses œuvres et notamment sur le célèbre « Old Boy » dont l’adaptation en film a connu un réel succès. Il est décédé en début d’année le 7 janvier à 70 ans.
Jiro Taniguchi, lui est dessinateur et également scénariste. Il débute sa carrière fin des années 60, mais ce n’est que dans les années 80 qu’il commence à avoir du succès avec des mangas très variés, policier, aventure, sport, historique.
Puis dans les années 90, il décide de se focaliser sur la vie quotidienne et c’est ce qui la rendu célèbre avec notamment : « Quartier lointain », « l’homme qui marche », « le journal de mon père » (qui fait référence à l’incendie de sa maison familiale)…
Il est aussi l’auteur de différents ouvrages autour de l’alpinisme : « Le sommet des Dieux », le sauveteur…
Bref, je pourrai m’étendre d’avantage sur Jiro Taniguchi qui est un de mes auteur favoris, mais je vous invite plutôt à faire des recherches sur lui si vous désirez en savoir d’avantage. Malheureusement il est décédé en février 2017 et l’oeuvre que je vous présente aujourd’hui est assez méconnue et vient de sortir chez nous à titre posthume.

Synopsis :

Reggae, un boxeur mystérieux et  peu bavard a débuté sa carrière en 1975 en poids légers. Il a effectué 32 combats dont 12 victoires par KO et 20 défaites également par KO. C’est un boxeur atypique et son palmarès l’est également, c’est ce qui lui attire les faveurs du public. Lors de son 33ème match où il perd à nouveau par KO, il est repéré par Mister Dangelo, ancien champion du monde des poids mi-lourds, et désormais organisateur de rencontres. Celui-ci voit alors en Reggae un boxeur capable de devenir une légende et même de faire de l’ombre à celle de Mohamed Ali.  Il décide donc d’acheter le contrat de Reggae à son entraîneur pour pouvoir l’emmener aux Etats Unis où il pourra rencontrer des adversaires à sa hauteur.

La réalisation :

Le style de Jiro Taniguchi est très particulier dans le manga Japonais, lui même dit se situer entre la BD et le manga. Son dessin est plus réaliste plus détaillé, avec des cases toujours très fournies.

L’auteur s’est comme à son habitude très bien documenté avant de se mettre à l’ouvrage, les scènes de combat, bien que peu nombreuses et assez courtes sont percutantes et très bien réalisée. On ressent bien la violence des coups au moment de l’impact. La 4ème de couverture compare même le manga à Raging Bull de Martin Scorsese et il est vrai que cela peut y faire penser.

Pourtant, bien qu’on reconnaisse le style du maître, il n’était pas encore tout à fait mature selon moi. Le manga datant de 1985 il est malgré tout normal que son style est évolué. C’est pourquoi même si cela reste beau et dynamique, le trait est moins fin et moins détaillé que dans d’autres œuvres qu’il fera par la suite. Peut être était-ce un parti pris artistique car cela donne un côté brouillon qui colle bien au combat, mais personnellement je préfère de loin ces planches dans « Quartier lointain ». Ci-dessous l’illustration de mon propos, avec en premier 2 images de « Blue corner » et en dessous 2 de « Quartier lointain »

L’histoire (attention spoil) :

L’intrigue nous plonge dans les bas-fonds du monde de la boxe où règne l’argent, les magouilles et la corruption. On y voit comment un manager fortuné et peu scrupuleux, va hisser au sommet  un inconnu certes talentueux mais qui serait rester dans l’ombre sans l’intervention de personnes bien placées.

Dangelo va réellement tout faire pour que Reggae affronte très rapidement le champion en titre allant de l’organisation de match underground à mains nues jusqu’à évincer brutalement le challenger officiel.

Le manga fait ainsi la part belle à cette « mafia » de la boxe, nous avons beaucoup de scènes en dehors des combats et j’oserai dire parfois même au détriment des combats. Car finalement les scènes de boxe ne représente pas la majeur partie de ce manga.

A côté de ça nous avons des personnages à la psychologie compliquée. Le héros que vous verrez parler très peu est très énigmatique, il boxe non pas pour la gloire mais pour le combat lui même, allant même jusqu’à se saouler avant un match pour s’handicaper et que le combat dur plus longtemps.

Reggae est le personnage le mieux travaillé dans cet oeuvre (en même temps c’est le personnage principal), il fascine les foules mais dégage aussi un mal-être palpable que l’auteur réussi réellement à nous faire ressentir. Et pourtant je ne pas su m’attacher à lui, il est trop inaccessible, trop singulier et personnellement pour apprécier une oeuvre pleinement j’ai besoin de m’attacher au personnage principal. Il aurait pu mourir sur le ring que ça ne m’aurait même pas ému. D’ailleurs c’est certainement le but ultime que semble rechercher Reggae.

A côté de lui nous avons Dangelo qui est également un peu travaillé, il semble réellement animer par une volonté de marquer l’histoire de la boxe en faisant tomber le mythe « Ali » quitte à sacrifier son intégrité, son couple et même plus.

Nous avons également la petite amie de Reggae, qui semble complètement sous son « emprise », elle s’occupe de lui, le soutien, le soigne sans rien sembler attendre en retour. Je n’ai pas compris ce personnage, elle est folle amoureuse d’un type qui n’a aucun égard pour elle, ni geste, ni parole, rien. Jamais elle ne se rebelle, même quand il est « violent ». Elles est comme l’adepte d’une secte face à son gourou et de ce fait elle manque un peu de profondeur.

Ce manga bien que très intéressant aurait gagné en profondeur s’il avait été plus long. L’intrigue va trop vite, en 2 combats Reggae va devenir champion du monde alors qu’il n’était même pas numéro un du Japon. De la même manière la psychologie des personnages n’est que survolée, on aurait aimé en savoir plus sur Reggae, sur son passé, sa relation de couple. Pareil pour Dangelo, on ne sait pas grand chose de lui, de son passé de boxeur, pourquoi il veut à ce point changer l’image de la boxe. Comme je le disais plus haut, il y a finalement peu de scène de combat et c’est bien dommage car elles sont très bien faites. L’oeuvre aurait finalement pu être développée sur 2 tomes sans qu’il y ait pour autant des longueurs.

Conclusion :

En bref, nous sommes face à un bon manga qui aurait pu être un incontournable s’il avait été plus développé sur les divers aspects évoqués. Il reste que je vous le conseille si vous aimez la boxe ou Jiro Taniguchi. Attention toutefois il n’est pas à mettre entre toutes les mains et s’adresse principalement à un public adulte.

Sur ces belles paroles je vous laisse avec un dessin qui n’est pas un fanart de cette oeuvre mais qui reste dans le domaine de la boxe, avec celui qui est pour moi le plus grand champion de boxe, j’ai nommé « Rocky Balboa » 🙂

Ps : Pour l’instant il ne s’agit que du line, je n’ai pas terminé la colo, mais elle ne devrait pas tarder.

A très bientôt.

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