Chronique manga : Love Hina

Chronique manga : Love Hina

Bonjour à tous,

Voici une nouvelle chronique d’une ancienne série que j’affectionne particulièrement et qui tranche radicalement avec le style des autres mangas que j’ai présenté jusque-là.

Scénario : Ken Akamatsu
Dessins : Ken Akamatsu

 

« Love Hina » est un manga de Ken Akamatsu prépublié dans le Weekly Jump (Magazine de prépublication) au Japon entre octobre 1998 et octobre 2001, adapté en 14 volumes entre mars 1999 janvier 2002 et entre janvier 2002 et avril 2004 en France.
Ce manga à succès a connu également son adaptation en anime en 2000, en 24 épisodes puis 3 OAV (Original Animation Vidéo) nommées « Love Hina again » pour clôturer la série. Il existe également un DVD avec 2 épisodes bonus.
L’adaptation en anime reprend la trame de l’histoire mais le déroulement est très différent. Ce n’est pas exactement le manga, et personnellement je préfère ce dernier qui est plus drôle et mieux narré. C’est donc lui uniquement que je vous présenterai aujourd’hui.

Synopsis :
Love Hina raconte l’histoire de Keitaro Urashima jeune homme de 19 ans « serial loser » tant au niveau des études que des filles. Son rêve, entrer à l’université prestigieuse de Todai, ceci afin de tenir une promesse vieille de 15 ans faite à une petite fille qu’il a rencontré pendant ses vacances à l’hôtel Hinata de sa grand-mère.

Mis à la porte de chez lui par ses parents suite à son second échec à l’examen d’entrée à l’université, il se rend chez sa grand-mère afin d’être hébergé pour pouvoir continuer à étudier et retenter le concours. Mais il ne sait pas que l’hôtel est devenu une pension pour filles et qu’il devra bientôt en être le gérant. Mais surtout tiendra-t-il sa promesse faites à cette petite fille qui a bien grandi ?

    

 

Manga fille ou manga garçon?
C’est la première question qui vient à l’esprit lorsque l’on observe les couvertures des différents tomes : Sommes nous dans un Shonen (Manga garçon/Action/Combat) ou le Shojo (Manga fille/Romance) ? A dire vrai, ni l’un ni l’autre. Alors oui il y a une romance comme dans les shojo, la quête de l’amour de jeunesse de Keitaro peut avoir un côté épique à la manière d’un Shonen mais il n’en est rien.
Il s’agit d’un style particulier qui se nomme le « Harem manga ». Oui, oui c’est bien ça, « Harem ». Le principe, un jeune homme maladroit pas spécialement beau ni intelligent, se retrouve entouré de tout un tas de jeunes filles plus mignonnes les unes que les autres et bien entendu cela va donner lieu à divers scènes humoristiques, où notre héros va aller de maladresse en maladresse et se faire martyriser par toutes ses jolies filles qui l’aiment autant qu’elles le maltraitent.
Au final je dirai que ce manga est un peu plus destiné aux garçons (notamment dû au côté « fan service » que j’aborderai en fin d’article) mais il pourra également plaire aux filles grâce à son histoire d’amour qui reste tout de même le fil conducteur.

La force de l’oeuvre:
Pourquoi ce manga a eu autant de succès quand on sait que la plupart des « harem manga » sont des navets. Le scénario ? Non, il est aussi creux qu’un « prime » de « Secret story ». Mais alors pourquoi ?
Et bien c’est l’ambiance générale pleine d’humour, de moments attendrissants servis par des personnages haut en couleur qui font la force de « Love Hina ». Outre des dessins sublimes avec des filles aux formes bien mises en valeur, Ken Akamatsu a particulièrement travaillé sur le charisme et le caractère de ses personnages. TOUS, ont un petit quelque chose qui fait qu’on s’y attache. Entre Kitsune la poivrote nympho, Motoko la Kendoka coincée mais romantique, Seta le beau gosse à l’ouest et tous les autres, il y a un réel travail pour donner une personnalité à chaque individu. L’auteur ne délaisse aucun personnage, il y a des chapitres dédiés à chacun et cela permet vraiment de les connaitre et de s’y attacher. Même les personnages secondaires sont plutôt bien traités.
Mon petit coup de coeur c’est Kaora Sû, la petite folle, geek qui frappe avant de parler. Elle est à la fois très intelligente et mignonne mais également complètement barrée et pleine d’énergie

Un coup de crayon et une réalisation magnifique :
Comme je le disais plus haut, les dessins sont magnifiques. Ken Akamatsu un a un « putain » coup de crayon !!! Excusez moi du terme mais je trouve qu’il à un univers graphique à la fois très personnalisé et plein de force. Les courbes des jeunes filles sont très belles, les visages sont à la fois doux et expressifs, les décors sont sublimes. Bref de ce côté là c’est un sans faute et qui plus est, il s’améliore au fur et à mesure des tomes.

De même la composition des diverses planches est hyper dynamique et donne au manga cette force et ce rythme effréné qu’il a je pense été difficile de retranscrire en anime.
En parlant du rythme, certains comparent ce manga à une locomotive et trouve le rythme trop soutenu peut être un point négatif. Mon avis est tout autre, « Love Hina » ne s’encombre pas de scènes inutiles et ennuyeuses et fonce du début à la fin en allant à l’essentiel. C’est pour moi signe d’une réalisation sans faille et d’une narration bien maîtrisée.

Pour aller plus loin : Le « Fan service »
Tout d’abord une petite définition Wikipedia : « Le fan service est une pratique qui consiste à alimenter la passion des fans et leurs fantasmes avec des contenus digressifs ou superflus qui leur sont spécialement destinées, généralement par le biais de situations à forte connotation sexuelle ou érotique.« 

En préambule, je précise que le « fan service » est principalement associé au monde du manga et de l’animation japonaise mais il pourrait bien l’être également avec le cinéma, les jeux vidéos ou tout autres médias ludiques.

En France la plupart du temps lorsque ce terme est utilisé, il a une connotation négative souvent associé à une sorte de racolage inutile au détriment d’une vrai intrigue. Pour faire simple on colle une image de poitrine toutes les 2 min ou toutes les 5 pages sans aucun rapport avec une quelconque intrigue, juste pour le plaisir. Cette pratique est donc très décriée et est responsable de la connotation négative du terme.

Pourtant si on s’en tient à la première partie de la définition il s’agit uniquement de faire plaisir aux fans en leur apportant ce qu’ils désirent et les fans de manga et d’animes ne sont pas tous des gros pervers…

En effet, le « fan service » peut prendre d’autres formes comme l’apparition d’un personnage connu mais en dehors de la série, cette pratique peut être appelée « Caméo« . Dans le tome 7 de Dragonball, Akira Toriyama fait apparaître Aralé, personnage issu de son ancienne série Dr Slump. Il s’agit là uniquement de faire plaisir aux fans, c’est une sorte de clin d’œil et il n’y a rien de sexuel, non ? Lorsqu’un personnage arrive et prononce une phrase qu’il a l’habitude de prononcer ou empruntée à une autre série, il s’agit également de « fan service ».

En ce sens de nombreuses formes de « fan services » parsèment nos animes et mangas et n’ont absolument pas de connotation sexuel ou érotique. La seule chose c’est qu’il est plus difficile de les identifier car il faut connaitre la référence.

J’en termine avec mon analyse personnelle du terme et j’en viens à Love Hina. Est ce que cette oeuvre est remplie de « fan service » ou bien l’omniprésence de filles en petites tenues fait-elle partie de son identité même ? Question également posée par le site : Le Chapelier Fou qui se garde bien d’y répondre et à laquelle je vais tenter de le faire ou du moins vous faire part de mon point de vue.

Je ne sais pas si je serai totalement objectif, mais selon moi le côté « fan service » de cette oeuvre est bien intégré à l’histoire, il en fait partie et contribue à l’ambiance générale. De plus ce n’est jamais vulgaire et ça donne souvent lieu à des situations comiques. Alors certes il y a des culottes, des poitrines etc… mais ce n’est pas lourd mais c’est aussi ce qui fait le charme de ce manga. Si on reprend la définition de départ si ce n’est pas superflu ce n’est peut être finalement pas du « fan service » ;).

Prenons un autre exemple : « Fairy tail » de Hiro Mashima. Il s’agit d’un manga shonen/nekketsu basé sur la baston et la magie. Si on lit ou regarde cette oeuvre c’est pour les combats et son côté épique, pas pour voir des poitrines ou des culottes. Pourtant il y a des chapitres entiers uniquement focalisés sur la plastique des héroines, cela ne fait ni avancer l’histoire ni évoluer les personnages, c’est uniquement pour attirer un public d’ados débordant de testostérone. Ce manga qui présente pourtant de nombreuses qualités est véritablement gâché par le « fan service » au sens péjoratif du terme.

Love Hina c’est différent, si on retire cet élément, le manga redevient une histoire d’amour mignonne mais plate, le « fan service » est là pour apporter du dynamisme et casser la monotonie de l’histoire qui elle n’est pas très évoluée.

En conclusion de ce paragraphe je dirai que chaque auteur de manga avant d’intégrer ou non cet élément doit se poser la question de son utilité et ensuite il doit avoir le bon dosage. Ken Akamatsu à en ce sens bien intégré ce concept alors que Hiro Mashima lui en abuse, je pense par facilité ou alors parcequ’il adore dessiner des poitrines…

    

    

En bref :
« Love Hina » est donc pour moi un manga destiné aussi bien aux filles qu’aux garçons qui cherchent dans le Manga un peu de douceur. Sa réalisation, son humour et ses personnages feront oublier rapidement la légèreté du scénario. Les garçons apprécieront le côté « fan service » et les filles ne devraient pas être choquées et en riront très volontier. Personnellement j’ai adoré, je l’ai lu, relu, je le relirai et je vous conseille vivement d’y jeter un œil. Vous pourrez le retrouver dans toutes les bonnes librairies d’autant qu’il a été réédité en 2014.

Je lui accorde la note de 4/5 :

Et comme d’habitude voici un dessin pour illustrer ma chronique. Il est réalisé sous manga studio à partir d’un line fait à la main, vous pourrez le retrouver toujours dans la section « Fanart« .

N’hésitez pas à partager l’article si vous avez aimé.

Bonne lecture !!!

(1 commentaire)

  1. Salut,
    Juste pour vous dire que j’ai effectivement recommencé cette série, comme quoi j’ai pas mis longtemps et le fait d’écrire cette chronique m’a redonné l’envie de lire la série.
    A nouveau, je vous la conseil chaudement.
    A +

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.