Manga Français et Manga en France

Manga Français et Manga en France

Bonsoir à tous,

Après ma chronique sur Radiant à lire ici : http://mesdessinsmanga.fr/2017/06/02/chronique-manga-radiant/, j’ai eu envie de développer le thème du manga français et plus généralement du manga en France.

La France juste derrière le Japon :

En préambule il est important d’avoir en tête que la France est le second marché au monde (bien loin derrière le Japon mais tout de même…). Récemment nous avons même pu voir une initiative du ministère de l’agriculture pour promouvoir l’enseignement agricole (cliquer sur l’image pour lire l’article) qui montre bien que le manga fait aujourd’hui partie intégrante de notre société.

Tout d’abord un rapide historique :

Tout commence en 1993 avec la parution en kiosque de Dragonball en version ½ tome chez « Glénat« ,. A l’époque à part les tomes couleurs format BD classique d’Akira de Katsuhiro Otomo (sorti en 1990 chez Glénat) il y avait très peu de manga en France et encore moins de shonen. Le marché évolue ensuite dans les années 96-99 avec l’arrivée de nouvelles séries à succès des années 80-90 (issues du club Dorothée) comme Saint Seiya chez Kana, City Hunter et Hokuto no Ken… édités par « J’ai Lu » (Paix à son âme) En 1999 c’est la première Japan Expo qui marque le début de l’âge d’or des mangas en France.

Voici une liste des titres les plus marquants du début des années 2000 :

  • Hunter × Hunter de Yoshihiro Togashi
  • Shaman King de Hiroyuki Takei,
  • One Piece d’Eiichirō Oda.
  • GTO de Tōru Fujisawa
  • Samurai deeper Kyo d’Akimine Kamijyō
  • Angel Sanctuary de Kaori Yuki
  • Love Hina de Ken Akamatsu
  • Gunnm Last Order de Kishiro
  • Fruits Basket de Natsuki Takaya
  • Naruto de Masashi Kishimoto
  • Bleach de Tite Kubo

Notons que parmi ces nouvelles séries, plusieurs deviennent les piliers majeurs du marché du manga pour les années suivantes de par l’importance considérable de leurs ventes (One Piece, NarutoHunte x Hunter et Bleach et notamment).

De nouveaux éditeurs apparaissent avec Pika Édition en 2002, rachetée en 2007 par Hachette Livre, Ki-oon Édition en 2003 et Kurokawa en 2005.

C’est en 2005 qu’un palier est franchi, le nombre de mangas édités devient supérieur à celui des albums traditionnels, ceci du en parti au fait que les coûts de production sont plus faibles et que les parutions sont beaucoup plus fréquentes, permettant ainsi de capter plus facilement un public.

Par ailleurs ces séries étant déjà des best-seller au Japon, le risque pour les maisons d’édition est faible. C’est ainsi que le manga s’installe considérablement en France. Pour exemple en 2006, la France vendait 13 millions de mangas.

Aujourd’hui ce marché est en léger déclin et la BD traditionnelle tend à reprendre sa suprématie de par le nombre d’œuvres éditées (60% environ contre 40% pour les mangas). De plus il faut noter que ces 40% sont en grande partie dus à une dizaine de titres tels que Naruto, One piece, Fairy tail, Bleach… Voici un graphique qui montre l’évolution et cette tendance légère à la baisse des dernières années (uniquement jusqu’en 2011, je n’ai pas trouvé plus récent)

Cette concentration du marché sur quelques titres fleuves tend à faire régresser les ventes car ces séries de plus de 50 tomes recrutent de moins en moins de lecteurs mais sont devenues vitales pour leurs éditeurs, ce qui pourrait les amener à réduire fortement l’offre pour se concentrer sur des séries à profits. A noter que le rythme de parution en France des mangas étrangers a quasiment rattrapé celui des pays d’origine et ce rythme soutenu au niveau des traductions laisse de moins en moins de place à la nouveauté. Ajouté à cela le fait que comme pour les animes certains lecteurs se tourne vers les scantrad (lecture illégal en ligne), la tendance risque de perdurer et de devenir un cercle vicieux.

Il reste donc aux éditeurs à dénicher de nouvelles perles asiatique sur des séries moins longues ou à favoriser des nouveaux talents sur notre sol…

Le Manga Français :

C’est dans la conjoncture précédemment décrite que doit survivre le « Manga Français ». Pour votre culture, il est parfois aussi appelé « Manfra » ou « Franga », contraction des termes « franco-belge » et « manga », cette catégorie désigne les œuvres de bandes dessinées réalisées par des auteurs francophones et qui ont une tendance « Manga », que ce soit dans le format, le dessin, ou la narration.

Très peu d’œuvres sont classifiées en tant que telle, mais les plus connues à ce jour sont : CityHall de Rémi Guérin, Dofus, Radiant toutes trois éditées par Ankama, ou encore Dreamland de Reno édité par Pika. Si vous suivez ce lien vous trouverez une liste plus exhaustive de ce qui existe.

Concernant le manga Français, Il faut bien avoir en tête que notre système est complètement différent de celui du Japon que ce soit en terme de méthodes de travail, mais aussi de système d’édition. Au Japon le rythme demandé par chapitre est très souvent hebdomadaire dans des magazines de prépublication comme le « Weekly Shonen Jump« , et de ce fait les mangakas japonais ne travaillent pas seuls. Il y a toute une équipe d’assistants. Le dessinateur s’occupe de faire les pages définitives au crayon, parfois il réalise l’encrage mais c’est très souvent le travail d’un assistant, un autre va s’occuper du tramage, un autre encore des paysages et des fonds. Il n’est pas rare d’avoir 4 à 5 personnes sur un même manga. En France les auteurs font tout, tout seul, ils s’occupent à la fois du scénario mais aussi du croquis, de l’encrage, des trames, des paysages, de la colorisation des pages, de la couverture, et des textes. De ce fait le rythme de parution est rarement de plus d’un tome par an soit une dizaine de chapitres maximum. Et c’est déjà beaucoup car un tome prend jusqu’à 8 mois de travail à temps plein! Il est clair que dans ces conditions la qualité du manga est primordiale car il faut faire attendre ces fans près d’un an entre chaque tome.
Dans ce contexte concurrentiel où les moyens mis en œuvre ne sont pas les mêmes, on peut aisément comprendre qu’il est difficile pour le Manga Français de se faire une place et il est d’autant plus gratifiant de voir des œuvres comme Radiant traverser les frontières.
Nous sommes donc face à 2 systèmes, l’un va produire des mangas en masse et inonder le marché, mais on va pouvoir lui reprocher une certaine « stéréotypisation » en terme de construction et de narration, cela du au rythme hebdomadaire de parution qui impose d’avoir à chaque chapitre un suspense final pour donner envie de lire la suite la semaine d’après. Il y a également un système de votes qui permet de décider du sort d’une série ce qui a tendance à amplifier ce phénomène. Au contraire notre système sans prépublication, directement en tome entier une fois par an, offre plus de libertés dans la narration, mais le peu de sorties mensuels peut noyer ces œuvres parmi toutes les autres.

Le manga amateur français :

S’il existe peu d’oeuvres officielles françaises dans le monde du manga, il existe à contrario une scène undergroud très active concernant les œuvres amateurs. De nombreux auteurs plus ou moins talentueux exposent ainsi leurs propres mangas sur diverses plateformes s’exposant à des critiques parfois difficiles, mais permettant toujours de progresser.

Ce monde du manga assez méconnu du grand public recèle pourtant de nombreuses œuvres très intéressantes. Parfois même certains auteurs comme Alan Heller (du forum « Manga sans frontière ») avec son manga « Lost Sahara » ont réussi à se faire éditer. Pour le coup il s’agit à nouveau de l’éditeur Ankama qui promeut particulièrement les auteurs français.

La maison d’édition Ki oon à lancé en 2014 le premier concours de manga en France permettant de décrocher un contrat. C’était donc l’occasion pour tous les amateurs de ces plateformes de faire parler leur talent et notamment Eskhar Hygan et Jin Ruukkyu avec leur manga « Psychomantium, bien connus sur la plateforme « Amilova » qui se sont brillamment illustrés en prenant la 3ème place.

L’atelier QRB à également réaliser quelques vidéo sur des mangas à visionner notamment Chronoctis Express d’Aerinn et Haze de RavenQuartz.

Vous pouvez les lire sur le site mangadraft :

Haze : https://www.mangadraft.com/manga/980-haze

Chronoctis express : https://www.mangadraft.com/manga/281-chronoctis-express

Pour ma part j’ai lu de nombreux mangas amateur, il faudrait que je vous fasse un petit article concernant mes auteurs préférés ou ceux qui sont prometteurs, mais par exemple vous pouvez lire celui-ci qui est vraiment très bon : Space traveler de Senchiro

En conclusion, le manga en France bien qu’en léger recul tient une part importante du chiffre d’affaire des éditeurs et le manga Français qui en est à ses balbutiements va devoir miser sur la qualité et l’innovation pour s’octroyer une part du gâteau. De nombreux auteurs amateurs tentent de percer dans le domaine et il existe de nombreuses œuvres de qualité en lecture gratuite sur le net notamment sur amilova et mangadraft. Peut être que dans un futur plus ou moins proches certains d’entre eux seront connus et reconnus et c’est tout le mal que je leur souhaite.

Pour ma part comme vous le savez je travaille également sur mon projet de manga et moi aussi espère en faire quelque chose. Si vous ne le savez pas, ça passe ici : http://mesdessinsmanga.fr/larose-judo/

Je vous laisse donc le soin de commenter partager et réagir à ce sujet que je pense n’avoir que survoler.
A très vite.

(2 commentaires)

    • Rocchia on 26/12/2017 at 14 h 03 min
    • Répondre

    salut merci je vais faire la pub sur ton site sur ma page:
    https://www.facebook.com/Fansdemanga/?ref=bookmarks
    J’espère qu’il y aura du monde pour le visité.
    Je vais mettre suivre comme ça je pourrais continuer a faire de la pub.

    1. Salut,
      Avec plaisir, merci beaucoup !
      A +

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.