Chronique Manga : Radiant

Chronique Manga : Radiant

Bonsoir à tous,

Voici une nouvelle chronique sur le blog d’un manga dont j’avais déjà parlé sur l’ancien site, il s’agit de Radiant, le premier manga français publié au Japon.

Scénario : Tony Valente
Dessins : Tony Valente

Synopsis :
Seth un jeune adolescent intrépide, est un apprenti sorcier, il est un des rares à avoir survécu au contact d’un Némésis, des créatures venues du ciel et qui tuent tout sur leur passage. Seules les personnes possédant un don pour la sorcellerie peuvent survivre suite à un contact physique avec eux, on les appelle les « infectés ».
Il s’est mis en tête non seulement de les combattre mais également de trouver leur source (dont personne ne sait vraiment si elle existe) appelée le « Radiant » et de la détruire.
Il part donc en quête de ce mythe épaulé par la suite d’autres jeunes sorciers et sous la menace de l’inquisition, les forces armées de ce monde.

Ce manga de Tony Valente un artiste français (cocorico !) est publié depuis juillet 2013 en France par Ankama, il compte aujourd’hui 6 volumes (le 7ème est prévu pour juillet). Depuis août 2016 il est également publié au Japon sous le nom de « Asukashinsha » et devient ainsi le premier manga français à être publié dans l’archipel Nippon. A noter qu’il était déjà en rupture de stock le 04 septembre 2016, un mois après sa sortie.

Tout d’abord un mot sur l’auteur, il a débuté sa carrière dans la bande dessiné classique, il signe en tant que dessinateur aux éditions Delcourt la série : « Les Quatre Princes » puis aux éditions soleil toujours en tant que dessinateur uniquement : « S.P.E.E.D Angels » et sa première série solo : « HanaAttori ». Aujourd’hui il travaille donc sur « Radiant » en tant que scénariste et dessinateur.

Un Shonen à la Française :

Le terme « Shonen » a un peu dévié de sons sens premier qui signifie en japonais « adolescent » et qui désigne finalement la cible éditoriale. Lorsque je dis « Shonen » je parle en réalité de Nekketsu pour les puristes (mais les 2 termes sont assez liés car au final les « Nekketsu » sont très souvent des « Shonen »). Ce terme qui signifie littéralement en japonais « sang bouillant » désigne un genre de manga, très axé baston, qui raconte la quête initiatique d’un héros, souvent un jeune garçon et en général avec beaucoup d’humour.
Ce type de manga présente un certain nombre de codes que l’on retrouve dans Radiant. Seth est l’archétype du héros de Nekketsu, il est honnête, déterminé, différent (il possède des cornes), il a un passé douloureux, il possède des capacités hors norme, il peut se surpasser lorsqu’il est sur le point de perdre…
Nous sommes donc face à un Shonen/Nekketsu présentant tous les codes du genre, mais Tony Valente apporte une petite touche supplémentaire en traitant avec plus de profondeur certains thèmes souvent effleurés dans les « Nekketsu » classiques, notamment la différence ou l’exclusion (thèmes déjà abordé auparavant par l’auteur). Les sorciers sont considérés comme des pestiférés de par leur différence physique et ils inspirent la peur. L’analogie avec l’immigration en France est toute trouvée, j’en veux pour preuve certaines répliques du Général Konrad de Marbourg où il utilise des termes comme : « Karcheriser », « les barbus ». On peut lire également « les blancs envahies par des immigrés ». Cette histoire peut également nous faire penser à la chasse aux sorcières de Salem au XVI siècle, l’auteur s’en est très certainement inspiré.
Ces questions relatives à notre société ou s’inspirant de faits historiques marquants donnent un fond plus grave à un style souvent léger.
Bien évidemment l’humour est omniprésent dans Radiant, souvent très pipi/caca, mais cela fonctionne toujours autant et permet d’adoucir le propos.
On retrouve également de nombreux clins d’œil à d’autres Shonen/Nekketsu comme Dragonball avec pour exemple Melie qui est atteintes d’un syndrome très semblable à celui de Lunch, mais aussi City Hunter avec les punitions d’Alma façon Kaori, ou encore d’autres comme, Bleach, Blue exorcist… Il y a également des inspirations en provenance de jeux vidéo comme Skies of Arcadia sur Dreamcast avec les ilots flottants dans les airs ou de comics comme les Xmens pour le côté mutant.

Nous sommes face à un Shonen qui s’inspire des plus grands sans les plagier, il apporte une profondeur supplémentaire sans pour autant révolutionner le genre. Cerise sur le gâteau pour nous Français, il n’y a pas de traduction douteuse puisqu’il s’agit de la langue originale.
Un dernier point à noter d’après son auteur interviewé par l’atelierQRB, les 3 premiers tomes ne sont qu’une mise en bouche, l’intrigue démarre réellement à partir du tome 4 et force est de constater que le scénario s’étoffe réellement. Sans trop vous spoiler, on découvre peu à peu le rôle de l’inquisition ainsi que de nouveaux personnages qui vont contribuer au rapide « level up » du héros ce qui donne encore plus envie de lire la suite.

Un style graphique « Nippon » :
Parlons maintenant un peu technique, dessin et réalisation. En feuilletant le livre ce qui frappe c’est que ce manga aurait très bien pu être japonais. Tony Valente n’a rien à envier à ces homologues Nippons, il est un des rares français à manier aussi bien la plume G, plume emblématique des mangakas japonais. Les dessins sont travaillés, les traits sont vifs, la mise en scène est dynamique, les arrières plans sont fouillés et fourmillent de détails. Parfois on se croirait dans ces films des années 90 comme Y’a-t-il un flic pour sauver la reine ?… où si l’on regarde de plus près on peut voir une scène comique se déroulant au second plan et qui nous avait échappé la première fois.
Autre point notable c’est la très faible utilisation de trames, tout ou presque est fait à la plume, il n’y a pas de tramage à outrance comme on peut le constater dans certaines œuvres.
Enfin l’auteur se paye le luxe de réaliser son manga dans le sens japonais ce qui nous Français ne nous dérange plus et qui facilite grandement l’exportation.

 

En Bref :
Vous l’aurez compris je vous recommande chaudement cette série, c’est un très bon nekketsu même si l’histoire est encore inachevé, il comblera parfaitement vos attentes. Le seul reproche que l’on pourrait faire à « Radiant », c’est peut-être que son univers est si riche, les enjeux si complexes, que certains passages sont un peu denses, les révélations nécessitant beaucoup d’attention pour comprendre parfaitement ce qui se passe dérrière.

D’autre part je vois également cet achat comme un soutien aux auteurs Français.
Alors allez y foncez !

Je lui attribue la note de 4/5 et j’espère que la suite ne fera que me conforter.

Pour finir voici mon fanart dont le line est à la main et la colorisation sous manga studio.

 Vous le retrouverez évidemment dans la section Fanart.

Merci à tous d’avoir lu cette longue chronique et si cela vous a plus partagez la.

A bientôt.

(2 commentaires)

    • zuda on 22/06/2017 at 14 h 51 min
    • Répondre

    Shonen ca désigne plutôt un ado ? Je pensais que c’était plutôt un garçon, en tout cas, dans mes souvenirs d’anime, il l’utilisé pour appelé des gamin qui devait pas avoir plus de 10 ans quoi.

    J’avais commencé à lire le début, qui est pas très très folichon, mais bon, c ‘est le cas de la pliupart des nekketsu. Faudrait que je le continue un peu, car curieux de voir la patte francaise, même si les nekketsu c pas trop mon truc à la base

  1. Salut, oui ca désigne la cible éditorial qui sont les ado. Maintenant la plupart des shonen sont des manga pour garçon donc en un sens c’est pas faux.
    Le terme maintenant a été apparenté à Nekketsu qui pour le coup est le manga de baston pour ado par excellence.

    Perso j’ai vraiment bien aimé Radiant c’est plus complexe qu’il n’y paraît et on sent la french touch.
    Je t’invite à poursuivre ta lecture et si tu changes d’avis repasse ici pour le le dire.

    A++

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