Chronique Manga : Eyeshield 21

Chronique Manga : Eyeshield 21

Bonsoir chers lecteurs,

Aujourd’hui, remise au goût du jour de ma chronique de Eyeshield 21 issu de mon ancien blog. J’ai ajouté quelques nouveautés pour ceux qui l’ont déjà lu et pour les autres c’est l’occasion de la découvrir.

Dessinateur : Yusuke Murata

Scénariste : Riichiro Inagaki

Eyeshield 21 est un shonen sportif illustré par Yusuke Murata et scénarisé par Riichiro Inagaki dont le thème est le football Américain. Prépublié dans le Weekly Shonen Jump entre juillet 2002 et juin 2009, il a été compilé en 37 volumes parus en France aux éditions Glénat.

Il a également connu une adaptation en animé comptant 145 épisodes entre avril 2005 et mars 2008 ainsi que 2 OAV.

Synopsis :

Sena, un jeune lycéen plutôt chétif sert de larbin à d’autres jeunes du lycée. A force de courir à droite à gauche pour eux, il est devenu un excellent sprinter. Hiruma un autre lycéen aux tendances psychotiques et accessoirement chef du club de football Américain (les Deimon Devil Bats) voit en Sena et surtout en son jeu de jambe hors du commun un espoir pour son club. Il décide donc de l’enrôler de force. Hiruma et Kurita (seul autre membre du club) doivent encore recruter le reste de l’équipe, car le championnat inter-lycées s’apprête à commencer.

Un habillage de toute beauté !!!

La première chose à dire en ouvrant un tome d’Eyeshield 21, c’est « Waaahhh !!! Quelle classe !!! »

Yusuke Murata est un dessinateur de génie, le trait est fin, détaillé, c’est dynamique, on en a plein la vue. Les scènes d’action lors des matchs sont juste à tomber, il a l’art de trouver des angles de vue inédits, de décomposer les actions avec une telle finesse qu’on se croirait devant un animé. Regarder juste ces quelques images pour vous en convaincre :

 

Vraiment, Yusuke Murata n’a pas son pareil pour retranscrire une action. Ce procédé est d’ailleurs poussé à l’extrême dans son dernier manga « One punch man » où les vignettes décomposent tellement le mouvement qu’on pourrait en faire une animation.

Si je voulais être un poil critique je dirai que parfois certaines cases sont un peu vides, peut-être par manque de temps, mais cela manque parfois d’arrière-plan remplacés par des lignes de vitesse.

Malgré tout, dans l’ensemble c’est un quasi sans faute sur ce point.

Une galerie de personnage impressionnante !

Comme toujours dans les mangas de sport il est important d’avoir une galerie de personnages variés et en ce sens Eyeshield 21 ne s’en sort pas trop mal. Oui, je suis nuancé dans mon propos, j’ai lu un peu partout des articles vantant les qualités et la profondeur des différents personnages de ce manga, mais je ne suis pas totalement en accord avec ça. Nous retrouvons en effet de nombreux protagonistes aussi bien dans l’équipe des Deimon Devil que dans les autres, avec Sena le héros, qui est un jeune plutôt normal embarqué de force dans une aventure malgré lui. Kurita, le colosse, l’homme fort au cœur tendre de l’équipe, Musashi, le « papa » viril de la bande, Monta, le receveur au physique très proche du singe et bien d’autres encore. Mais s’il ne fallait retenir qu’un personnage, c’est Hiruma le Quaterback de l’équipe, cet être diabolique au visage de démon. Il est sadique, vicieux et d’une rare intelligence, il a toujours une idée pour piéger ses opposants .A chaque lecture, on est dans l’attente de son prochain coup fourré. En tant que capitaine des Deimon Devil il dirige l’équipe à la baguette, ou plutôt à coups de bazooka et autres mitraillettes pour bouger ses troupes. Il est accompagné de son chien, Cerberus, une sorte de molosse adepte de chair fraîche et dont il se sert également pour motiver l’équipe ou déstabiliser les adversaires. Ce personnage est vraiment très bien écrit et c’est justement là le « problème » à mon sens, car du fait de son omniprésence il éclipse un peu les autres personnages qui paraissent du coup plus fades, même le héros Sena devient parfois un peu insignifiant.

En conclusion de cette partie je dirai que bien que les personnages soient tous assez intéressants, je ferai un petit reproche quant à leur différence de traitement, et surtout le fait que ce soit le héros qui en pâtisse, on a du coup plus de mal à s’identifier à lui. Néanmoins un grand bravo à l’auteur pour le personnage d’Hiruma !

Un très bon manga de sport, mais….

Eyeshield 21 est une œuvre de grande qualité, qui fourmille de détails et de bonnes idées, les matchs sont dynamiques, pleins de rebondissements, les équipes ont toutes des particularités et des techniques spéciales adaptées à leur nom : les chevaliers blanc d’Ojo dont le leader Shin possède une technique assimilée à une lance, les Sphynx de Taiyo forme une ligne de défense telle une pyramide d’Egypte, les Américains (les Nasa Aliens) dont le quaterback fait une passe telle une navette spatiale, etc…

Un autre point fort de la série, c’est le fait qu’on apprenne petit à petit, en même temps que les personnages les règles, les subtilités de ce sport assez méconnu chez nous. C’est très bien fait et vraiment appréciable car on s’en rend à peine compte mais on apprend au fur et à mesure. On en vient même à apprécier ce sport, même si on ne le connait pas.

Tous ces détails font de ce manga une œuvre de qualité, certains s’avancent même à dire qu’il s’agit ni plus ni moins que du meilleur Shonen manga de sport.

Mais…, il faut toujours un « mais » dans toute bonne critique, une sorte d’antithèse à opposer à tout ce que j’ai déjà dit.

Le schéma narratif d’Eyeshield 21 est assez répétitif, à chaque fois c’est plus ou moins la même chose, une succession de tournois où l’équipe de Sena rencontrent une nouvelle équipes, ils sont d’abord déstabilisés par leurs techniques spéciales, Hiruma avait prévu le coup, ils sortent leur botte secrète et ils arrachent la victoire, ou au pire ils s’en sortent avec les honneurs alors qu’ils étaient donnés perdants. Cela manque également un peu de phases intermédiaires en dehors de certains entraînements (comme à Las Vegas pour ne citer que celui-là), mettant en scène les personnages dans leur quotidien, ce qui permettrait de respirer un peu entre 2 matchs d’un tome chacun. Car les matchs sont très longs, parfois trop et on a hâte que ça se termine surtout qu’on en connait déjà l’issue. Les plus grandes pauses se font en général entre 2 tournois, mais j’aurai apprécié plus de moments en dehors du sport.

Pour aller plus loin : Les mangas de sport à lire et en bonus les WTF du manga de sport !

Pour cette dernière partie je vais vous donner mon top 3 des mangas à lire, j’enchainerai en citant rapidement les mangas récents à la mode qui sont intéressants et je terminerai avec les mangas de sport les plus insolites. Je précise que ce qui va suivre est uniquement un avis personnel et n’engage que moi.

1 – Slam Dunk de Takehiko Inoue :

Résumé : Sakuragi Harumichi est un jeune « voyou » immature aux cheveux roux, il est assez impopulaire et surtout auprès des filles à qui il fait peur. Il est amoureux de Haruko Akagi et pour lui faire plaisir il s’inscrit au club de Basket-ball de son lycée, Shohoku alors qu’il n’y connait rien. Il se trouve cependant que le capitaine du club n’est autre que le grand frère d’Haruko et qu’en plus celle-ci est amoureuse de la star de l’équipe Rukawa Kaede. Sakuragi va donc devoir jouer aux côté de son rival s’il veut épater la belle tant convoitée. De fil en aiguille il va commencer à aimer le basket et avec d’autres personnages qui les rejoindront par la suite, ils vont se lancer à la conquête du titre national.

En bref : J’ai adoré ce titre à tous les points de vu, la réalisation est magnifique, aussi bonne qu’Eyeshield, mais c’est vraiment l’humour qui m’a fait accrocher, le héros est vraiment attachant et pour le coup il est bien mis en valeur. Les autres personnages sont également intéressants mais ne lui font pas de l’ombre. Je suis également plus sensible au basket que j’ai pratiqué contrairement au football américain. C’est pour moi une œuvre culte, qui mériterait que je m’attarde à en faire une chronique s’il n’en existait pas déjà de nombreuses sur internet.

2 – Captain Tsubasa de Yoichi Takahashi :

Résumé : Tsubasa Ozhora est un jeune garçon né avec un ballon dans les pieds. Il a été sauvé par son ballon (son ami) lorsqu’il était petit et qu’il s’est fait percuter par une voiture. Il ne l’a depuis ce jour plus jamais quitté, se déplaçant toujours balle au pied. De ce fait il a un réel talent lorsqu’il s’agit de manier un ballon et un jour il rencontre Roberto Hongo un joueur Brésilien mondialement connu, qui vient au Japon car le père de Tsubasa lui a conseillé un bon médecin capable de lui soigner son décollement de rétine. Roberto abandonne sa carrière et décide d’entrainer Tsubasa dont le rêve est d’aller jouer au Brésil et peut être un jour de faire gagner la coupe du monde au Japon.

En bref : Je ne sais pas dire si c’est la nostalgie qui parle mais enfant des années 80-90, j’ai été bercé par Olive et Tom et j’ai par la suite découvert la version papier que j’ai dévoré. Ce n’est pas vraiment le dessin qui est bon car c’est clairement en dessous d’un Eyeshield ou d’un Slam Dunk, mais il y a pour moi une sorte de magie qui se dégage de l’œuvre, avec  ses techniques spéciales improbables ses tacles à la gorge, les stades remplis pour voir jouer des gamins. C’est un manga fondateur que j’adore et pour ceux qui irait jusqu’au bout, c’est un plaisir de retrouver des membres de notre belle équipe de France de foot telle que Thuram ou Zidane face à Tsubasa.

3 – Noritaka le roi de la Baston de Takashi Hamori :

Résumé : Nortiaka est un jeune lycéen fébrile, un peu pervers et amoureux d’une belle lycéenne plantureuse. Cette dernière lui dit détester les faibles et c’est pourquoi il décide d’apprendre les arts martiaux. C’est pourquoi son maître Maruyama, lui enseignera le muay thaï. S’ensuivront des combats avec des gars de plus en plus balèzes que Noritaka vaincra grâce aux entraînements « particuliers » de son maîtres.

En bref : Je l’ai mis dans mon top 3 car je me suis bien marré en le lisant mais c’est très répétitif, Noritaka se fait défoncer, puis il s’entraîne de façon totalement étrange (comme aller nourrir un chat sous une maison) et il s’avère que l’entrainement improbable va lui permettre de battre son adversaire. Il y a beaucoup de fan service (peut être trop) avec des nanas aux poitrines très généreuses qui donne lieu à des scènes cocasses.

Passons maintenant aux mangas de sport très à la mode en ce moment. Voici uniquement la liste et le sport illustré, vous n’aurez qu’à cliquer sur le nom pour en savoir plus :

« Kuroko’sBasket » de Fujimaki Tadatoshi : Basket-ball

« Hajimeno Ippo » de George Morikawa : Boxe

« Haikyu !! » d’Haruichi Furudate : Volly-ball

« Yuri on ice » de Sayo Yamamoto : Patin à glace (uniquement en animé)

Et en bonus un top des mangas de sport les plus improbables :

« Ascension » de Shin’Ichi Sakamoto et Yoshio Nabeta : Escalade

« Break Shot » de Takeshi Maezawa : Billard

« Tsuri-kichiSanpei » de Takao Yaguchi : Pêche

« Hikaru noGo » de Yumi Hotta : Jeu de Go

« No Side » de Fumiharu Ikeda : Rugby fémnin

« Real » de Takehiko Inoue : Handi-basket

« Glaucos » d’Akio Tanaka : Plongée en apnée

« OrangeDelivery » de Bohemian K et Toshinori Sogabe : Curling

« Kimi toIsshoni Odoritai » de Junko Murata : Danse en fauteuil roulant

Conclusion :

Eyeshield est donc un très bon manga de sport de par la qualité de sa réalisation et le souci du détail apporté aux équipes, aux personnages et à l’apprentissage de ce sport. Malgré  tout, le côté répétitif pourra lasser certaines personnes. Alors bien évidemment on va me rétorquer que c’est le lot de tous les mangas de sport, et peut être que c’est vrai, peut être que mes goûts ont évolué. A l’époque j’avais adoré Captain Tsubasa et Slam Dunk et ces mangas restent pour moi les références du genre, mais peut être que si je les relisais, je serai déçu.

Pour ma part et bien que je lui reconnaisse toutes ses qualités, j’ai eu beaucoup de difficultés à accrocher, ce n’est qu’après leur voyage aux Etats Unis (autour du tome 10) que je suis réellement rentré dedans, ce qui est assez long vous en conviendrez. Je lui accorde tout de même  la note de 3.5/5 :

Pour finir, je vous présente mon fanart de la série, à retrouver dans la section du même nom. Il est entièrement réalisé à la main aux pigma micron et promarkers :

Dernier point, comme vous le savez, je dessine moi aussi un manga de sport sur le judo que je vous invite à aller le lire ici : http://mesdessinsmanga.fr/larose-judo/

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bonne lecture et penser à partager l’article s’il vous a plu.

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